jeudi 17 mars 2016

Un peu de bois et d'acier

de Chabouté, paru en 2012, aux éditions Vents d'Ouest, one-shot.


Résumé : L'histoire d'un banc, un simple banc public qui voit défiler les gens à travers les heures, les jours, les saisons, les années... Ceux qui passent, qui s'arrêtent, d'autres qui reviennent, certains qui attendent... Le banc devient un havre, un îlot, un refuge, une scène... Un ballet d'anonymes et d'habitués évoluant dans une chorégraphie savamment orchestrée ou les petites futilités, les situations rocambolesques et les rencontres surprenantes donnent naissance à un récit drôle et singulier. Chabouté tisse avec brio une histoire où plane la magie d'un Tati, agrémentée d'un soupçon de Chaplin, quelques miettes du mime Marceau et d'une pincée de Keaton ... 330 pages d'une aventure dont le héros est un banc, un simple banc public... Juste un peu de bois et d'acier...



Mon avis : Ce one-shot signé Chabouté est totalement muet. avec ses habituels dessins en noir et blanc, l'auteur donne vie dans ce livre à un objet tout à fait banal : un banc public. L'objet voie passer au fil des saison des gens qui vont le remarquer ou non. et qui vont évoluer autour de lui. Des liens vont se créer entre les différents personnages qui se rencontre sur ce banc.



Cette BD n'est pas un coups de cœur pour moi mais elle reste cependant à découvrir.
Je suis toujours bluffée par les BD muettes, étonnée par le talent des auteurs capables de raconter une histoire sans y mettre la moindre bulle juste avec la force de leurs dessins.
 

Les gens heureux lisent et boivent du café

d'Agnès Martin-Lugand, paru en 2013, aux éditions Michel Lafon




Résumé : "Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux."
Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. 
Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. 
C'est peut-être en foulant la terre d'Irlande, où elle s'exile, qu'elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.


Mon avis : Une magnifique histoire qui personnellement m'a arraché les larmes à plusieurs reprises. L'histoire de Diane pourrait arriver à n'importe qui, c'est un drame qui bouleverse sa vie, celui de la mort de son mari et de sa fille de 4 ans dans un accident de voiture. Agnès Martin-Lugand réussi dans ce premier roman à nous faire passer des larmes au rire (oui, oui, au rire) en un rien de temps.
Le drame survient en France, où Diane va sombrer pendant un an dans un désespoir terrible, puis elle va partir en Irlande (projet qu'elle avait avec son mari disparu), pour tenter de se reconstruire doucement. C'est dans ce contexte là qu'elle va faire de drôles de rencontres qui vont lui apporter plus ou moins de bonheur et lui permettre ainsi de refaire surface.

Une belle découverte et surtout un coup de cœur dont on ne ressort pas indemne une fois la lecture terminée...


"Si je commence une histoire avec toi, je te reprocherai un jour ou l’autre de ne pas être lui… d’être toi. Je ne veux pas de ça… Tu n’es pas ma béquille, ni un médicament, tu mérites d’être aimé sans condition, pour toi seul et non pour tes vertus curatives. Et je sais que… je ne t’aime pas comme il faut. En tout cas, pas encore. Il faut d’abord que je me reconstruise, que je sois forte, que j’aille bien, que je n’aie plus besoin d’aide. Après ça, seulement, je pourrai encore aimer."


Les Gens heureux lisent et boivent du café va bientôt être adapté au cinéma. 
Agnès Martin-Lugand a écrit une suite à cette histoire : La vie est facile ne t'inquiète pas, paru en 2015.



La vérité sur l'affaire Harry Québert

de Joël Dicker, paru en 2012, aux éditions De Fallois.



Résumé : A New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l'américaine, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.


"Les mots sont à tout le monde, jusqu'à ce que vous prouviez que vous êtes capable de vous les approprier. Voilà ce qui définit un écrivain. Et vous verrez, Marcus, certains voudront vous faire croire que le livre est un rapport aux mots, mais c'est faux: il s'agit en fait d'un rapport aux gens."


Mon avis :  Alors là ce n'est pas un coup de cœur c'est un méga extra coup de cœur !!!!!!!! Le genre de livre qui une fois terminé te fait encore plus réfléchir ! Il fait parti des romans que l'on regrette d'avoir déjà terminé, malgré ses 670 pages, j'aurais pu continuer et continuer de lire cette histoire génialissime. Impossible de se plonger complètement dans un autre roman après celui-ci.
Avec ce premier roman, Joël Dicker nous livre ici l'histoire de Marcus Goldman et de son ami et professeur Harry Québert. Ce dernier étant accusé d'avoir tué la jeune Nola Kellergan en 1975. Goldman va tout faire pour trouver la vérité et faire innocenter son ami qu'il ne croit pas coupable. De rebondissements en rebondissements, on arrive au dénouement pour le coup totalement inattendu !


"Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer."


Un livre grandiose qui ne peut pas laisser insensible ! J'attends avec impatience que la suite, Le Livre des Baltimore, sorte en poche pour pouvoir me l'acheter et le dévorer lu aussi !!!


Ce roman a reçu le Prix Goncourt des lycéens 2012 et le Grand Prix de l'Académie française 2012.

Le maître des livres

d'Umiharu Shinohara, paru 2011. A ce jour la série comporte 6 tomes.


Résumé : À la bibliothèque pour enfant "La rose trémière" vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'’il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd’'hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu'’il leur trouvera le livre salvateur.
 
Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le "sommelier du livre pour enfant".


Mon avis : J'ai entendu beaucoup de bien de ce manga, c'est donc  avec une grande curiosité que j'ai voulu le découvrir. Ces livres se lisent les mangas traditionnels, donc "à l'envers".

Cette série nous fait entrer dans l'univers de Mikoshiba bibliothécaire dans la bibliothèque privée la "Rose Trémière". Ce curieux personnage, antipathique au premier abord, est capable de trouver le livre qu'il vous faut au moment opportun. A travers les différents chapitres, on  suit le quotidien de cette bibliothèque et de ces adhérents qui arrivent bien souvent malgré eux dans ce lieu merveilleux. Chaque chapitre traite d'un personnage différent et de ses lectures qui s'insèrent parfaitement dans le récit de départ, une histoire dans l'histoire.

Le métier de bibliothécaire est expliqué simplement, avec cependant quelques termes professionnels essentiel à la profession, pour faire découvrir le métier au plus grand nombre.
 


C'est une série que je vais continuer de suivre avec beaucoup d'attention.

" Ce n'est pas toi qui choisis les livres, mais les livres qui te choisissent."






Tout seul

de Chabouté, one-shot paru en 2008 aux Editions Vents d'Ouest.


Résumé : 50 ans qu'il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l'emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port... Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d'horizon fait si peur ? Où s'évader lorsqu'on n’a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?... Des années passées sur son rocher, avec l'imagination comme seule compagne... Avec Tout seul, Christophe Chabouté signe un de ses albums les plus surprenants, où se côtoient onirique et quotidien et où s'enchevêtrent subtilement sensibilité, tendresse et humour...


Mon avis : C'est assez tardivement que je découvre Chabouté. Et quelle découverte ! J'ai eu un énorme coup de cœur pour ce one-shot, qui arrive avec très peu de texte à nous plonger dans la vie de Tout seul, un homme qui vit depuis toujours dans un phare et n'en est jamais sorti. Personne ne l'a jamais vu. Isolé totalement, coupé du reste du monde par ses parents, parce qu'il est malformé, Tout seul s'occupe comme il peut en jouant avec un dictionnaire. Après avoir lancé l'ouvrage en l'air, celui-ci en retombant s'ouvre sur certaines définitions, misent en image par Chabouté.
Cette Bd quasi-muette, dessinée en noir et blanc nous plonge dans l'univers poétique de Tout seul.



Un gros coups de cœur et un auteur de plus que je vais continuer de lire !