vendredi 16 décembre 2016

La Princesse des glaces

de Camilla Läckberg,
paru en 2008, aux éditions Actes Sud, collection Actes noirs,
en poche en 2012, collection Babel Noir.


Résumé : Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’oeuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. 

A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.

" La maison était abandonnée et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s'était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une légère teinte bleutée. 
C'est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces." 

Mon avis :  Je découvre enfin l'univers de Camilla Läckberg. La Princesse des glaces est le premier tome de la série d'intrigue policière de l'auteur, se déroulant dans le petit village de Fjällbacka. Le début est un peu long à se mettre en place, mais passée la première centaine de page, j'ai dévoré cette histoire. L'intrigue est très bien menée et jusqu'au bout on a du mal à comprendre les liens entre les différents personnages et les liens entre les différentes petites histoires autour de ces deux morts. En effet, plusieurs histoires se déroulent à l'intérieur même de l'intrigue principale. Le personnage le plus singulier a lui aussi sa propre petite histoire, des choix à faire, des questions dont il cherche les réponses. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman, certes il y a une grosse intrigue policière, mais il y a aussi le quotidien des personnages, comme par exemple la vente de la maison natale d'Erica et toutes les questions que cela engendre.

"C'était étrange comme des sentiments totalement opposés pouvaient se mélanger pour devenir un sentiment tout nouveau. L'amour et la haine devenaient de l'indifférence. La soif de vengeance et le pardon devenaient de la détermination. La tendresse et l'amertume devenaient du chagrin, si grand qu'il pouvait briser un homme."

Même si l'intrigue principale s'achève au bout des 512 pages du livre, les petites histoires secondaires des personnages principaux ne sont pas toutes finies. C'est pour cela qu'il me tarde de découvrir la suite : Le Prédicateur. 

La Princesse des glaces a obtenu le grand prix de littérature policière et le prix polar international en 2008.

jeudi 15 décembre 2016

Ceci est un poème qui guérit les poissons

de Jean-Pierre Siméon et Olivier Tallec,
paru en 2005, aux éditions Rue du Monde, collection "couleur carré" 
Résumé : Pour guérir Léon, son poisson rouge malade, Arthur doit lui dire un poème. Mais quelqu'un sur cette planète va-t-il être capable d'expliquer à Arthur ce qu'est un poème ? ! La boulangère, le canari, ses grands-parents, le vieux Mahmoud, chacun à une réponse qui ne ressemble à aucune autre ! Poème semble un mot bien mystérieux. Il y a pourtant urgence, c'est tout de suite qu'Arthur a besoin de savoir. Pour sauver Léon.
Mon avis : Pour sauver Léon, son poisson, Arthur demande à son entourage ce qu'est un poème. Chacun lui donnant une réponse différente, l'enfant compose lui même son poème en regroupant les définitions de uns et des autres. 
Les dessins d'Olivier Tallec sont magnifiques, ils favorisent l'univers très poétique de cette histoire déjà sublime par elle-même. 

L'imagier des gens

de Blexbolex, 
paru en 2008, chez Albin Michel Jeunesse
Résumé : Pécheur et danseurs et guerriers, et déesse, princesse et loup-garou. Toutes sortes de gens se côtoient dans cet imagier, liés par un fil que l'on devine de page en page. Réels, mythiques ou imaginaires, ces gens habitent tous le monde extraordinaire de Blexbolex.
Mon avis : A travers ses dessins minimalistes aux couleurs très vives, Blexbolex associe des personnages dont il facile de faire le lien : des écoliers/un professeur, un moustachu/un barbu, etc. Parfois certains s'opposent : un policier/un voleur, d'autres sont liés par leur représentation dans l'album :  un frileux/un fumeur. Cet univers très particulier n'est pas sans rappeler l'univers des années 50. Ces images laissent libre court à l'imagination de l'enfant, qui peut les interpréter seules ou en duo. 

Tout un monde

de Katy Croupie et Antonin Louchard,
paru en 1999, aux éditions Thierry Magnier
Résumé : Cet imagier facétieux emmène l'enfant du biberon au lait puis à la vache, de la vache à l'herbe des prés, de l'herbe à une barbe hirsute, de la barbe qui pique aux bogues de châtaignes, des châtaignes à un arbre l'été, puis un arbre l'hiver...
Des images qui s'enchaînent à la manière du " Marabout, bout de ficelle, selle de ch'val... " Un imagier à lire, à regarder dans n'importe quel ordre et dans n'importe quel sens, pour faire " l'image buissonnière " et découvrir que l'image dit le monde autant qu'elle le cache.
Mon avis : Cet album sans texte, présente différents portraits, paysages ou objets de la vie quotidienne à travers des illustrations utilisant différents procédés : photo, aquarelle, canevas, dessin papier mâché,... Les auteurs se retrouvent là dans une démarche totalement artistique. Les images s'enchaînent avec logique. Cet imagier sort vraiment de l'ordinaire et permet aux enfants et aux parents d'avoir leur propre interprétation des images.

Jojo la mache

d'Olivier Douzou,
paru en 1993, aux éditions du Rouergue.
Résumé : Jojo la Mache, c'est une vache. Mais pas n'importe quelle vache ! Une vache très très vieille et très très drôle qui mâche depuis bien longtemps déjà... Et une nuit, elle perd ses cornes et une autre nuit, autre chose. Mais ce n'est pas très grave, parce que quoiqu'il arrive, Jojo la Mache, elle sera toujours là. 

Mon avis : Ce petit album retrace l'histoire de Jojo, une vache qui se désintègre jour après jour, jusqu'à disparaître complètement. Olivier Douzou illustre par des dessins très minimalistes cette histoire poétique. Retranscrite sur des pages semblables à du papier kraft dans un format carré, l'histoire invite les enfants à réfléchir sur la disparition et le souvenir. 

Moustique

de Fabien Arca,
paru en 2011, aux éditions Espaces 34, collection Théâtre Jeunesse
Résumé : Moustique est un enfant qui ne cesse de s'interroger sur le monde, jusqu'au jour où il rencontre Crevette, une fillette de son âge. Ses monologues reflètent ses perceptions et pensées.

"Tout le monde m'appelle Moustique, mais c'est pas mon vrai nom. Non. C'est mon surnom. On a tous des surnoms un peu débiles comme ça qui nous font honte et que nos parents nous collent sur les épaules."

Mon avis : En plusieurs scénettes, nous découvrons le quotidien de Moustique. A la manière de Pico Bogue, cet enfant se pose beaucoup de question sur la vie et la mort, l'homosexualité, la philosophie, etc. Chaque scène se termine de manière drôle avec une chute, une réplique pour le moins inattendue. La scénette sur le petit couteau est très belle, très poétique, sa chute est magnifique. Cette pièce est une belle découverte ! 

mardi 6 décembre 2016

Le pont de pierres et la peau d'images

de Daniel Danis,
paru en 1996, aux éditions de l'Ecole des loisirs
Résumé : Mung et Momo croient avoir échappé à l'horreur de la guerre. Mais on leur a menti. Ils racontent. Dans une langue qui mêle la poésie et la crudité cruelle du réel, Danis écrit une fable d'espoir pour les enfants du monde.

"Je pleurais. Je ne voulais pas partir. Je voulais mourir avec ma famille dans la guerre."

Mon avis : Cette pièce est très poétique avec des parties chantées par des choeurs. Les deux jeunes Mung et Momo arrachés à leurs familles respectives se retrouvent pris au piège d'un terrible trafic d'enfants. Ne perdant jamais espoir ils vont tout mettre en œuvre pour s'en sortir et accomplir leurs rêves, loin de la guerre et de la cruauté des hommes.